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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/183

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Tout à coup, la clarté factice que versait l’ampoule encastrée à la clef de voûte s’éteignit, et la crypte fut plongée dans une complète obscurité.

Franz voulut se relever… Il n’y parvint pas, et sa pensée s’endormit ou, pour mieux dire, s’arrêta brusquement, comme l’aiguille d’une horloge dont le ressort se casse. Ce fut un sommeil étrange, ou plutôt une torpeur accablante, un absolu anéantissement de l’être, qui ne provenait pas de l’apaisement de l’esprit…

Combien de temps avait duré ce sommeil, Franz ne sut le constater, lorsqu’il se réveilla. Sa montre arrêtée ne lui indiquait plus l’heure. Mais la crypte était baignée de nouveau d’une lumière artificielle.

Franz s’éloigna hors de son lit, fit quelques pas du côté de la première porte : elle était toujours ouverte ; — vers la seconde porte : elle était toujours fermée.

Il voulut réfléchir et cela ne se fit pas sans peine.

Si son corps était remis des fatigues de la veille, il se sentait la tête à la fois vide et pesante.

« Combien de temps ai-je dormi ? se demanda-t-il. Fait-il nuit, fait-il jour ?… »

À l’intérieur de la crypte, il n’y avait rien de changé, si ce n’est que la lumière avait été rétablie, la nourriture renouvelée, le broc rempli d’une eau claire.

Quelqu’un était-il donc entré pendant que Franz était plongé dans cet accablement torpide ? On savait qu’il avait atteint les profondeurs du burg ?… Il se trouvait au pouvoir du baron Rodolphe de Gortz… Était-il condamné à ne plus avoir aucune communication avec ses semblables ?

Ce n’était pas admissible, et, d’ailleurs, il fuirait, puisqu’il pouvait encore le faire, il retrouverait la galerie qui conduisait à la poterne, il sortirait du château…

Sortir ?… Il se souvint alors que la poterne s’était refermée derrière lui…