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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/125

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— Quelque mauvais coup dont il a été victime…

— Et même si mauvais, reprit le biró, qu’il est au lit depuis ce jour-là…

— Pas en danger de mort, je l’espère ? se hâta de répliquer le jeune comte.

— Non… par bonheur. »

En réalité, il y avait là un fait matériel, un fait indéniable, et maître Koltz attendait l’explication que Franz de Télek en allait donner.

Voici ce qu’il répondit très explicitement.

« Dans tout ce que je viens d’entendre, il n’y a rien, je le répète, qui ne soit très simple. Ce qui n’est pas douteux pour moi, c’est que le château des Carpathes est maintenant occupé. Par qui ?… je l’ignore. En tout cas, ce ne sont point des esprits, ce sont des gens qui ont intérêt à se cacher, après y avoir cherché refuge… sans doute des malfaiteurs…

— Des malfaiteurs ?… s’écria maître Koltz.

— C’est probable, et comme ils ne veulent point que l’on vienne les y relancer, ils ont tenu à faire croire que le burg était hanté par des êtres surnaturels.

— Quoi, monsieur le comte, répondit le magister Hermod, vous pensez ?…

— Je pense que ce pays est très superstitieux, que les hôtes du château le savent, et qu’ils ont voulu prévenir de cette façon la visite des importuns. »

Il était vraisemblable que les choses avaient dû se passer ainsi ; mais on ne s’étonnera pas que personne à Werst ne voulût admettre cette explication.

Le jeune comte vit bien qu’il n’avait aucunement convaincu un auditoire qui ne voulait pas se laisser convaincre. Aussi se contenta-t-il d’ajouter :

« Puisque vous ne voulez pas vous rendre à mes raisons, messieurs, continuez à croire tout ce qu’il vous plaira du château des Carpathes.