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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/85

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TOUTE UNE FORET PAR TERRE.

Or, c’était sur cette jangada, plus sûre qu’aucune autre embarcation du pays, plus vaste que cent égariteas ou vigilindas accouplées, que Joam Garral se proposait de s’embarquer avec sa famille, son personnel et sa cargaison.

« Excellente idée ! s’était écriée Minha, en battant des mains, lorsqu’elle avait connu le projet de son père.

— Oui ! répondit Yaquita, et, dans ces conditions, nous atteindrons Bélem sans danger ni fatigue !

— Et, pendant les haltes, nous pourrons chasser dans les forêts de la rive, ajouta Benito.

— Ce sera peut-être un peu long ! fit observer Manoel, et ne conviendrait-il pas de choisir quelque mode de locomotion plus rapide pour descendre l’Amazone ? »

Ce serait long, évidemment ; mais la réclamation intéressée du jeune médecin ne fut admise par personne.

Joam Garral fit venir alors un Indien, qui était le principal intendant de la fazenda.

« Dans un mois, lui dit-il, il faut que la jangada soit en état et prête à dériver.

— Aujourd’hui même, monsieur Garral, nous serons à l’ouvrage, » répondit l’intendant.

Ce fut une rude besogne. Ils étaient là une cen-