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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/69

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L’AMAZONE.

dans toute la Suisse, la Lombardie, l’Écosse et le Canada réunis !

— Un fleuve qui, grossi de ses mille tributaires, ne jette pas dans l’océan Atlantique moins de deux cent cinquante millions de mètres cubes d’eau à l’heure !

— Un fleuve dont le cours sert de frontière à deux républiques, et traverse majestueusement le plus grand royaume du Sud-Amérique, comme si, en vérité, c’était l’océan Pacifique lui-même qui, par son canal, se déversait tout entier dans l’Atlantique !

— Et par quelle embouchure ! Un bras de mer dans lequel une île, Marajo, présente un périmètre de plus de cinq cents lieues de tour !…

— Et dont l’Océan ne parvient à refouler les eaux qu’en, soulevant, dans une lutte, phénoménale, un ras de marée, une « pororoca », près desquels les reflux, les barres, les mascarets des autres fleuves ne sont que de petites rides soulevées par la brise !

— Un fleuve que trois noms suffisent à peine à dénommer, et que les navires de fort tonnage peuvent remonter jusqu’à cinq mille kilomètres de son estuaire, sans rien sacrifier de leur cargaison !

— Un fleuve qui, soit par lui-même, soit par ses affluents et sous-affluents, ouvre une voie commerciale et fluviale à travers tout le nord de l’Amérique,