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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/34

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LA JANGADA.

tomba lourdement sur le sol, tenant toujours l’étui de Torrès.

« Par le diable ! s’écria celui-ci, voilà pourtant une balle qui est arrivée à propos ! »

Et cette fois, sans s’inquiéter d’être vu, il sortait du fourré, lorsque deux jeunes gens apparurent sous les arbres.

C’étaient des Brésiliens, vêtus en chasseurs, bottes de cuir, chapeau léger de fibres de palmier, veste ou plutôt vareuse serrée à la ceinture, et plus commode que le puncho national. À leurs traits, à leur teint, on eût facilement reconnu qu’ils étaient de sang portugais.

Chacun d’eux était armé d’un de ces longs fusils de fabrication espagnole, qui rappellent un peu les armes arabes, fusils à longue portée, d’une assez grande justesse, et que les habitués de ces forêts du Haut-Amazone manœuvrent avec succès.

Ce qui venait de se passer en était la preuve. À une distance oblique de plus de quatre-vingts pas, le quadrumane avait été frappé d’une balle en pleine tête.

En outre, les deux jeunes gens portaient à la ceinture une sorte de couteau-poignard, qui a nom « foca » au Brésil, et dont les chasseurs n’hésitent pas à se servir pour attaquer l’onça et autres fauves,