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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/290

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LA JANGADA.

Et se tournant vers Manoel :

« À la grâce de Dieu, lui dit-il. Il s’agit de voir, maintenant, si la vérité peut redescendre du ciel sur la terre ! »

Le chef de police avait fait un signe à ses agents, qui s’avançaient pour s’emparer de Joam Garral.

« Mais parlez donc, mon père ! s’écria Benito, fou de désespoir. Dites un mot, et nous aurons raison, fût-ce par la force, de l’horrible méprise dont vous êtes victime !

— Il n’y a pas ici de méprise, mon fils, répondit Joam Garral. Joam Dacosta et Joam Garral ne font qu’un. Je suis, en effet, Joam Dacosta ! Je suis l’honnête homme qu’une erreur judiciaire a condamné injustement à mort, il y a vingt-trois ans, à la place du vrai coupable. De ma complète innocence, mes enfants, une fois pour toutes, j’en jure devant Dieu, sur vos têtes et sur celle de votre mère !

— Toute communication entre vous et les vôtres vous est interdite, dit alors le chef de police. Vous êtes mon prisonnier, Joam Garral, et j’exécuterai mon mandat dans toute sa rigueur. »

Joam Garral, contenant du geste ses enfants et ses serviteurs consternés :

« Laissez faire la justice des hommes, dit-il, en attendant la justice de Dieu ! »