Ouvrir le menu principal

Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/237

Cette page a été validée par deux contributeurs.

229
EGA.

lieu d’épais massifs d’orangers et de calebassiers. Rien de plus changeant que l’aspect de ce hameau, suivant que, par suite de l’élévation ou de rabaissement des eaux, le lac présente une vaste étendue liquide, ou se réduit à un étroit canal, qui n’a même plus assez de profondeur pour communiquer avec l’Amazone.

Le lendemain matin, 5 août, on repartit dès l’aube, on passa devant le canal de Yucura, qui appartient à ce système si enchevêtré des lacs et des furos du rio Zapura, et, le 6 août au matin, on arriva à l’entrée du lac de Miana.

Aucun incident nouveau ne s’était produit dans la vie du bord, qui s’accomplissait avec une régularité presque méthodique.

Fragoso, toujours poussé par Lina, ne cessait de surveiller Torrès. Plusieurs fois, il essaya de le faire parler sur sa vie passée ; mais l’aventurier éludait toute conversation à ce sujet, et finit même par se tenir dans une extrême réserve avec le barbier.

Quant à ses rapports avec la famille Garral, ils étaient toujours les mêmes. S’il parlait peu à Joam, il s’adressait plus volontiers à Yaquita et à sa fille, sans paraître remarquer l’évidente froideur qui l’accueillait. Toutes deux se disaient, d’ailleurs, qu’après l’arrivée de la jangada à Manao, Torrès les quitterait