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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/207

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EN DESCENDANT ENCORE.

Décidément, si cet aventurier était taciturne, il faut avouer qu’il n’était pas curieux.

Benito put faire aisément des échanges, de manière à compléter la cargaison de la jangada. Sa famille et lui reçurent un excellent accueil des principales autorités de la ville, le commandant de place et le chef des douanes, que leurs fonctions n’empêchaient aucunement de se livrer au commerce. Ils confièrent même au jeune négociant divers produits du pays, destinés à être vendus pour leur compte, soit à Manao, soit à Bélem.

La ville se composait d’une soixantaine de maisons, disposées sur un plateau qui couronnait la berge du fleuve en cet endroit. Quelques-unes de ces chaumières étaient couvertes en tuiles, ce qui est assez rare dans ces contrées ; mais, en revanche, la modeste église, dédiée à saint Pierre et saint Paul, ne s’abritait que sous un toit de paille, qui eût plutôt convenu à l’étable de Bethléem qu’à un édifice consacré au culte dans un des pays les plus catholiques du monde.

Le commandant, son lieutenant et le chef de police acceptèrent de dîner à la table de la famille, et ils furent reçus par Joam Garral avec les égards dus à leur rang.

Pendant le dîner, Torrès se montra plus causeur