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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/206

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LA JANGADA.

tume national, avec fronteau de plumes d’aras, arc et sarbacanes, n’ont-ils pas adopté le vêtement américain, le pantalon blanc, le puncho de coton tissé par leurs femmes, qui sont devenues très habiles dans cette fabrication ?

San-Pablo-d’Olivença, ville assez importante, ne compte pas moins de deux mille habitants, empruntés à toutes les tribus voisines. Maintenant la capitale du Haut-Amazone, elle débuta par n’être qu’une simple Mission, fondée par des carmes portugais, vers 1692, et reprise par des missionnaires jésuites.

Dans le principe, c’était le pays des Omaguas, dont le nom signifiait « têtes plates ». Ce nom leur venait de la barbare coutume qu’avaient les mères indigènes de presser entre deux planchettes la tête de leurs nouveau-nés, de manière à leur façonner un crâne oblong, qui était fort à la mode. Mais, comme toutes les modes, celle-ci a changé ; les têtes ont repris leur forme naturelle, et on ne retrouverait plus trace de l’ancienne déformation dans le crâne de ces fabricants de chapelets.

Toute la famille, à l’exception de Joam Garral, descendit à terre. Torrès, lui aussi, préféra rester à bord, et ne manifesta aucun désir de visiter San-Pablo-d’Olivença, qu’il ne paraissait pas connaître, cependant.