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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/178

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LA JANGADA.

remonteront le fleuve, et les vapeurs péruviens qui le descendront. Là se fera l’échange des cargaisons et des passagers. Il n’en faudrait pas tant à un village anglais ou américain pour devenir, en quelques années, le centre d’un mouvement commercial des plus considérables.

Le fleuve est très beau en cette partie de son cours. Bien évidemment, l’effet des marées ordinaires ne se fait pas sentir à Tabatinga, qui est située à plus de six cents lieues de l’Atlantique. Mais il n’en est pas ainsi de la « pororoca », cette espèce de mascaret, qui, pendant trois jours, dans les grands flux de syzygies, gonfle les eaux de l’Amazone et les repousse avec une vitesse de dix-sept kilomètres à l’heure. On prétend, en effet, que ce raz de marée se propage jusqu’à la frontière brésilienne.

Le lendemain, 26 juin, avant le déjeuner, la famille Garral se prépara à débarquer, afin de visiter la ville.

Si Joam, Benito et Manoel avaient déjà mis le pied dans plus d’une cité de l’empire brésilien, il n’en était pas ainsi de Yaquita et de sa fille. Ce serait donc pour elles comme une prise de possession.

On conçoit donc que Yaquita et Minha dussent attacher quelque prix à cette visite.

Si, d’autre part, Fragoso, en sa qualité de barbier