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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/174

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LA JANGADA.

commencement du xvie siècle, prise de possession en fut faite par le pilote Alvarez Cabral. Si, plus tard, la France, la Hollande s’y établirent partiellement, il est resté portugais, et possède toutes les qualités qui distinguent ce vaillant petit peuple. C’est maintenant l’un des plus grands États de l’Amérique méridionale, ayant à sa tête l’intelligent et artiste roi dom Pedro.

« Quel est ton droit dans ta tribu ? demandait Montaigne à un Indien qu’il rencontrait au Havre.

— C’est le droit de marcher le premier à la guerre ! » répondit simplement l’Indien.

La guerre, on le sait, fut pendant longtemps le plus sûr et le plus rapide véhicule de la civilisation. Aussi les Brésiliens firent-ils ce que faisait cet Indien : ils luttèrent, ils défendirent leur conquête, ils l’étendirent, et c’est au premier rang qu’on les voit marcher dans la voie de la civilisation.

Ce fut en 1824, seize ans après la fondation de l’empire Luso-Brésilien, que le Brésil proclama son indépendance par la voix de dom Juan, que les armées françaises avaient chassé du Portugal.

Restait à régler la question de frontières entre le nouvel empire et le Pérou, son voisin.

La chose n’était pas facile.

Si le Brésil voulait s’étendre jusqu’au rio Napo,