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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/168

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LA JANGADA.

— Je commence, dit Manoel. En 1741, lors de l’expédition de deux savants français, Bouguer et La Condamine, qui furent envoyés pour mesurer un degré terrestre sous l’équateur, on leur adjoignit un astronome fort distingué nommé Godin des Odonais.

« Godin des Odonais partit donc, mais il ne partit pas seul pour le Nouveau Monde : il emmenait avec lui sa jeune femme, ses enfants, son beau-père et son beau-frère.

« Tous les voyageurs arrivèrent à Quito en bonne santé. Là commencèrent pour madame des Odonais la série de ses malheurs ; car en quelques mois elle perdit plusieurs de ses enfants.

« Lorsque Godin des Odonais eut achevé son travail, vers la fin de l’année 1759, il dut quitter Quito et partit pour Cayenne. Une fois arrivé dans cette ville, il voulut y faire venir sa famille ; mais, la guerre, étant déclarée, il fut forcé de solliciter du gouvernement portugais une autorisation qui laissât la route libre à madame des Odonais et aux siens.

« Le croirait-on ? Plusieurs années se passèrent sans que cette autorisation pût être accordée.

« En 1765, Godin des Odonais, désespéré de ces retards, résolut de remonter l’Amazone pour retourner chercher sa femme à Quito ; mais, au moment