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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/139

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LE SOIR DU 5 JUIN.

nait, il descendait la berge, il remontait au plateau, il notait des points de repère et poussait des hurrahs, lorsque l’eau gonflée venait de les atteindre.

« Il flottera, il flottera, s’écria-il, le train qui doit nous emporter à Bélem ! Il flottera, quand toutes les cataractes du ciel devraient s’ouvrir pour gonfler l’Amazone ! »

Joam Garral, lui, était sur le radeau avec le pilote et une nombreuse équipe. À lui appartenait de prendre toutes les mesures nécessaires au moment de l’opération. La jangada, d’ailleurs, était bien amarrée à la rive avec de solides câbles, et elle ne pouvait être entraînée par le courant, quand elle viendrait à flotter.

Toute une tribu de cent cinquante à deux cents Indiens des environs d’Iquitos, sans compter la population du village, était venue assister à cet intéressant spectacle.

On regardait, et il se faisait un silence presque complet dans cette foule impressionnée.

Vers cinq heures du soir, l’eau avait atteint un niveau supérieur à celui de la veille, — plus d’un pied — et la grève disparaissait, déjà tout entière sous la nappe liquide.

Un certain frémissement se propagea à travers les ais de l’énorme charpente, mais il s’en fallait