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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/119

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LA JANGADA.

« liane conductrice ! » Ah ! vraiment, c’est un joli jeu, bien que, certainement, on ne trouve pas toujours un pauvre diable de barbier au bout !

— C’est le hasard, monsieur Fragoso, répondait Lina en riant, et je vous assure que vous ne me devez rien !

— Comment ! rien, mais je vous dois la vie, et je demande à la prolonger pendant une centaine d’années encore, pour que ma reconnaissance dure plus longtemps ! Voyez-vous, ce n’était pas ma vocation de me pendre ! Si j’ai essayé de le faire, c’était par nécessité ! Mais, tout bien examiné, j’aimais mieux cela que de mourir de faim et de servir, avant d’être mort tout à fait, de pâture à des bêtes ! Aussi cette liane, c’est un lien entre nous, et vous aurez beau dire… »

La conversation, en général, se continuait sur un ton plaisant. Au fond, Fragoso était très reconnaissant à la jeune mulâtresse d’avoir eu l’initiative de son sauvetage, et Lina n’était point insensible aux témoignages de ce brave garçon, très ouvert, très franc, de bonne mine, tout comme elle. Leur amitié ne laissait pas d’amener quelques plaisants « Ah ! ah ! » de la part de Benito, de la vieille Cybèle et de bien d’autres.

Donc pour en revenir à la jangada, après discus-