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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/117

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LA JANGADA.

tabilité dont il fallait tenir compte. En effet, parmi ces bois lourds et durs, il s’en trouvait dont la densité spécifique égale, à peu de chose près, la densité de l’eau.

Toute cette première assise ne devait pas être faite de troncs juxtaposés. Un petit intervalle avait été laissé entre eux, et ils furent reliés par des poutrelles traversières qui assuraient la solidité de l’ensemble. Des câbles de « piaçaba » les rattachaient l’un à l’autre, et avec autant de solidité qu’un câble de chanvre. Cette matière, qui est faite des ramicules d’un certain palmier, très abondant sur les rives du fleuve, est universellement employée dans le pays. Le piaçaba flotte, résiste à l’immersion, se fabrique à bon marché, toutes raisons qui en ont fait un article précieux, entré déjà dans le commerce du vieux monde.

Sur ce double rang de troncs et de poutrelles vinrent se placer les madriers et les planches qui devaient former le parquet de la jangada, surélevé de trente pouces au-dessus de la flottaison. Il y en avait là pour une somme considérable, et on l’admettra sans peine, si l’on tient compte de ce que ce train de bois mesurait mille pieds de long sur soixante de large, soit une superficie de soixante mille pieds carrés. En réalité, c’était une forêt tout