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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/106

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LA JANGADA.

gant, des cacaotiers qui croissent spontanément sur les rives de l’Amazone et de ses affluents, des mélastomes variés, les uns à fleurs roses, les autres agrémentés de panicules de baies blanchâtres.

Mais que de haltes, que de cris de déception, lorsque la joyeuse bande croyait avoir perdu le fil conducteur ! Il fallait alors le retrouver, le débrouiller, dans le peloton des plantes parasites.

« Là ! là ! disait Lina, je l’aperçois !

— Tu te trompes, répondait Minha, ce n’est plus lui, c’est une liane d’une autre espèce !

— Mais non ! Lina a raison, disait Benito.

— Non ! Lina a tort. » répondait naturellement Manoel.

De là, discussions très sérieuses, très soutenues, dans lesquelles personne ne voulait céder.

Alors, le noir d’un côté, Benito de l’autre, s’élançaient sur les arbres, grimpaient aux branches enlacées par le cipo, afin d’en relever la véritable direction.

Or, rien de moins aisé, à coup sûr, dans cet emmêlement de touffes, entre lesquelles serpentait la liane, au milieu des bromelias « karatas », armées de leurs piquants aigus, des orchidées à fleurs roses et labelles violettes, larges comme un gant, des « oncidiums » plus embrouillés qu’un écheveau de laine entre les pattes d’un jeune chat !