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Page:Verne - La Jangada, 1881, t1.djvu/103

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EN SUIVANT UNE LIANE.

portée d’un « tamandõa assa », sorte de grand fourmilier très curieux, qui peut être considéré comme un coup de maître dans les annales cynégétiques.

Mais, heureusement, le grand fourmilier ne se montra pas, non plus que ces panthères, léopards, jaguars, guépars, couguars, indifféremment désignés sous le nom d’onças dans l’Amérique du Sud, et qu’il ne faut pas laisser approcher de trop près.

« Enfin, dit Benito qui s’arrêta un instant, se promener c’est très bien, mais se promener sans but…

— Sans but ! s’écria la jeune fille ; mais notre but, c’est de voir, c’est d’admirer, c’est de visiter une dernière fois ces forêts de l’Amérique centrale, que nous ne retrouverons plus au Para, c’est de leur dire un dernier adieu !

— Ah ! une idée ! »

C’était Lina qui parlait ainsi.

« Une idée de Lina ne peut être qu’une idée folle ! répondit Benito en secouant la tête.

— C’est mal, mon frère, dit la jeune fille, de te moquer de Lina, quand elle cherche précisément à donner à notre promenade le but que tu regrettes qu’elle n’ait pas !

— D’autant plus, monsieur Benito, que mon idée vous plaira, j’en suis sûre, répondit la jeune mulâtresse.