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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/91

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tenant. Hector Servadac allait donc apprendre non-seulement quelle avait été l’importance de la catastrophe, mais aussi quelle pouvait être la cause qui l’avait provoquée. En outre, le comte Timascheff était un galant homme et se ferait un devoir de les rapatrier, son ordonnance et lui.

« Mais où la goëlette va-t-elle accoster, dit alors Ben-Zouf, maintenant que l’embouchure du Chéliff n’existe plus ?

— Elle n’accostera pas, répondit le capitaine. Le comte enverra son canot à terre, et nous nous y embarquerons. »

La Dobryna approchait, mais assez lentement, car elle avait vent debout et ne pouvait gagner qu’en naviguant plus près. Il était même singulier qu’elle n’utilisât pas sa machine, car on devait avoir hâte, à bord, de reconnaître quelle était cette île nouvelle qui se relevait à l’horizon. Il était possible, après tout, que le combustible manquât et que la Dobryna fût réduite à se servir seulement de sa voilure, que, d’ailleurs, elle ménageait. Très-heureusement, bien que le ciel fût sillonné de nouveau par quelques nuages effilés, le temps était beau, la brise maniable, la mer belle, et la goëlette, que la houle ne contrariait pas, faisait bonne route.

Hector Servadac ne douta pas un instant que la Dobryna ne cherchât à atterrir sur ce littoral. Le comte Timascheff devait être fort dérouté. Où il croyait ren-