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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/88

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— Eh, Ben-Zouf ! sais-tu seulement ce que c’est que d’être philosophe ?

— Oui ! puisque je suis soldat.

— Et qu’est-ce donc ?

— C’est de se soumettre, quand on ne peut pas faire autrement, et c’est notre cas, mon capitaine. »

Hector Servadac ne répondit rien à son ordonnance, mais on est fondé à croire qu’il renonça, provisoirement du moins, à vouloir expliquer ce qui était alors inexplicable pour lui.

D’ailleurs, un événement inattendu allait se produire, dont les conséquences devaient être très-importantes.

Le 27 janvier, Ben-Zouf, vers neuf heures du matin, vint tranquillement trouver l’officier dans la chambre du poste.

« Mon capitaine ? dit-il avec le plus grand calme.

— Qu’est-ce qu’il y a ? répondit le capitaine Servadac.

— Un navire !

— Animal, qui vient me dire cela, tranquillement, comme il me dirait que la soupe est servie !

— Dame, puisque nous sommes philosophes ! » répondit Ben-Zouf.