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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/86

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Servadac infiniment moins qu’elle n’avait flatté le général Bonaparte, lorsque, sous le Directoire, il aperçut Vénus en plein midi et laissa volontiers dire que c’était « son étoile ».

Au 20 janvier, la distance « réglementaire », assignée aux deux astres par la mécanique céleste, avait encore décru.

« Dans quelles transes doivent être nos camarades d’Afrique, nos amis de France, et tous les habitants des deux continents ? se demandait parfois le capitaine Servadac. Quels articles doivent publier les journaux des deux continents ! Quelle foule dans les églises ! On peut se croire à la fin du monde ! J’imagine, Dieu me pardonne, qu’elle n’a jamais été si proche ! Et moi, dans ces circonstances, je m’étonnerais qu’un navire ne parût pas en vue de l’île pour nous rapatrier ! Est-ce que le gouverneur général, est-ce que le ministre de la guerre ont le temps de s’occuper de nous ? Avant deux jours, la terre sera brisée en mille pièces, et ses morceaux iront graviter capricieusement dans l’espace ! »

Il ne devait pas en être ainsi.

Au contraire, à partir de ce jour, les deux astres menaçants semblèrent s’éloigner peu à peu l’un de l’autre. Très-heureusement, les plans des orbites de Vénus et de la Terre ne coïncidaient pas, et, par conséquent, la terrible collision ne put se produire.

Ben-Zouf voulut bien pousser un soupir de con-