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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/85

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celle de Vénus. En même temps, elle s’était aussi très-rapprochée de Mercure. Cette planète, rarement visible à l’œil nu, à moins qu’elle ne soit dans le voisinage de ses plus grandes digressions orientales ou occidentales, se montrait alors avec toute sa splendeur. Ses phases, analogues aux phases lunaires, sa réverbération des rayons du soleil, qui lui versent une chaleur et une lumière sept fois plus fortes qu’au globe terrestre, ses zones glaciales et torrides, presque entièrement confondues grâce à l’inclinaison considérable de son axe de rotation, ses bandes équatoriales, ses montagnes hautes de dix-neuf kilomètres, tout cela rendait digne du plus curieux examen ce disque auquel les anciens donnèrent le nom d’ « Étincelant ».

Mais le danger ne venait pas encore de Mercure. C’était Vénus, dont le choc menaçait la terre. Vers le 18 janvier, la distance des deux astres était réduite environ à un million de lieues. L’intensité lumineuse de la planète faisait projeter aux objets terrestres des ombres violentes. On la voyait tourner sur elle-même en vingt-trois heures et vingt et une minutes, ce qui démontrait que la durée de ses jours n’avait pas changé. On pouvait distinguer les nuages dont une atmosphère, continuellement chargée de vapeurs, zébrait son disque. On apercevait les sept taches qui, ainsi que l’a prétendu Bianchini, sont de véritables mers communiquant entre elles. Enfin, la superbe planète était visible en plein jour, visibilité qui flatta le capitaine