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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/83

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ment visibles. Les échancrures de son croissant montraient que les rayons solaires, réfractés par son atmosphère, pénétraient dans des régions pour lesquelles cependant il devait être déjà couché. Preuve que Vénus possédait une atmosphère, puisque les effets de réfraction se produisaient à la surface de son disque. Certains points lumineux, détachés du croissant, étaient autant de hautes montagnes auxquelles Schroeter a eu raison de donner en altitude dix fois la hauteur du mont Blanc, soit la cent quarante-quatrième partie du rayon de la planète [1].

Or, le capitaine Servadac, vers cette époque, se crut en droit d’affirmer que Vénus n’était pas à plus de deux millions de lieues de la terre, et il le dit à Ben-Zouf.

« Eh bien, mon capitaine, répondit l’ordonnance, c’est encore joli, cela, d’être séparé par deux millions de lieues !

— Ce serait quelque chose pour deux armées en campagne, répondit le capitaine Servadac, mais pour deux planètes, ce n’est rien !

— Que peut-il donc arriver ?

— Mordioux ! Que nous allions tomber sur Vénus !

— Eh ! eh ! mon capitaine, y a-t-il de l’air par là ?

— Oui.

  1. Les plus hautes montagnes de la terre n’ont que la 740e partie de son rayon.