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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/79

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Pourquoi le capitaine Servadac n’était-il pas plus ferré sur la cosmographie ? Il se fût dit, en effet :

« Si l’inclinaison de l’axe de la terre a été modifiée, et si, comme tout semble l’indiquer, il forme un angle droit avec l’écliptique, les choses se passeront maintenant comme elles se passent dans Jupiter. Il n’y aura plus de saison sur le globe, mais des zones invariable, pour lesquelles l’hiver, le printemps, l’été et l’automne seront éternels. »

Et il n’eût pas manqué d’ajouter :

« Mais, de par tous les crus de la Gascogne ! Qu’est-ce qui peut nous avoir amené ce changement-là ? »

Cette saison hâtive ne laissa pas d’embarrasser le capitaine et son ordonnance. Il était bien évident que les bras manqueraient pour tant de travaux à la fois. Quand même on eût réquisitionné toute la « population » de l’île, on n’y fût pas arrivé. L’extrême chaleur eût empêché aussi de faire la besogne d’une façon continue. En tout cas, il n’y avait pas encore péril en la demeure. Les provisions du gourbi étaient abondantes, et, d’ailleurs, on pouvait espérer maintenant, la mer étant calme et le temps magnifique, qu’un navire ne tarderait pas à passer en vue de l’île. En effet, cette partie de la Méditerranée est très-visitée, soit par les bâtiments de l’État qui font le service de la côte, soit par les caboteurs de toutes nationalités, dont les relations sont fréquentes avec les moindres points du littoral.

Cette façon de raisonner était juste, mais enfin, pour