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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/65

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sa coutume, l’ordonnance entonna le refrain militaire :


Y a-t-il du sel
Dans la gamelle ?
Y a-t-il du veau
Pour le fricot ?


Le capitaine Servadac, allant et venant, observait d’un œil curieux ces préparatifs culinaires. À l’affût de nouveaux phénomènes qui pussent le tirer d’incertitude, il se demandait si quelque singularité n’allait pas encore se produire. Le fourneau fonctionnerait-il comme d’habitude ? L’air, modifié, lui apporterait-il son contingent d’oxygène ?

Oui, le fourneau s’alluma, et, sous le souffle un peu haletant de Ben-Zouf, une belle flamme se dégagea des brindilles mêlées aux morceaux de charbon. Donc, à cet égard, rien d’extraordinaire.

La casserole fut mise sur le fourneau, l’eau remplit la casserole, et Ben-Zouf attendit que le liquide entrât en ébullition pour y plonger ses œufs, qui paraissaient vides, tant ils pesaient peu à sa main.

La casserole n’était pas depuis deux minutes sur le fourneau, que l’eau bouillait déjà.

« Diable ! comme le feu chauffe à présent ! s’écria Ben-Zouf.

— Ce n’est pas le feu qui chauffe davantage, répondit le capitaine Servadac, après avoir réfléchi, c’est l’eau qui bout plus vite. »