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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/60

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apercevoir au delà de l’horizon de mer. Pas de terre en vue. Par conséquent, rien d’Orléansville, qui aurait dû se trouver à dix kilomètres dans le sud-ouest.

Le capitaine Servadac et lui, abandonnant donc le lieu de campement, suivirent la nouvelle lisière au milieu des terres éboulées, des champs tranchés brusquement, des arbres à demi déracinés et pendant sur les eaux, — entre autres quelques vieux oliviers dont le tronc, fantastiquement contourné, semblait avoir été coupé à la hache.

Les deux cavaliers allaient plus lentement, car le littoral, frangé de criques et de caps, les obligeait à faire d’incessants détours. Si bien qu’au soleil couchant, après un nouveau parcours de trente-cinq kilomètres, ils avaient seulement atteint le pied des montagnes de Dj Merjejah, qui, avant la catastrophe, terminaient de ce côté la chaîne du Petit-Atlas.

En cet endroit, la chaîne était violemment rompue et s’élevait à pic sur le littoral.

Le lendemain matin, après avoir franchi à cheval une des gorges de la montagne, le capitaine Servadac et Ben-Zouf gravissaient à pied l’un des plus hauts sommets, et ils prenaient enfin une connaissance exacte de cette étroite portion du territoire algérien, dont, maintenant, ils semblaient être les seuls habitants.

Une nouvelle côte se développait depuis la base de la Merjejah jusqu’aux derniers rivages de la Méditerranée, sur une longueur de trente kilomètres environ.