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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/59

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veau domaine. C’était presque à l’endroit où aurait dû se trouver l’importante bourgade de Mémounturroy, dont il n’y avait plus aucune trace.

« Et moi qui comptais, ce soir, souper et coucher à Orléansville ! dit le capitaine Servadac, en considérant la sombre mer, étendue alors devant ses yeux.

— Impossible, mon capitaine, répondit Ben-Zouf, à moins d’y aller en bateau !

— Sais-tu bien, Ben-Zouf, que, tous les deux, nous avons eu une fière chance !

— Bon, mon capitaine ! C’est notre habitude ! Et vous verrez que nous trouverons le moyen de traverser cette mer pour aller flâner du côté de Mostaganem !

— Hum ! si nous sommes sur une presqu’île, ce qu’il faut espérer, c’est plutôt à Tenez que nous irons chercher des nouvelles !...

— Ou en donner, » répondit fort judicieusement Ben-Zouf.

Au retour du soleil, six heures plus tard, le capitaine Servadac pouvait examiner la nouvelle conformation du territoire.

Du point où il avait campé pendant la nuit, le littoral courait maintenant sud et nord. Ce n’était plus une rive naturelle, ainsi que l’était autrefois celle du Chéliff. Une brisure, nouvellement faite, délimitait là l’ancienne plaine. À cet angle manquait, on l’a dit, la bourgade de Mémounturroy. En outre, Ben-Zouf, ayant sauté sur une colline située en arrière, ne put rien