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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/52

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Enfin, nous verrons demain, quand le soleil reviendra, — s’il revient ! »

Le capitaine Servadac était devenu très-méfiant.

Il était vraiment fâcheux que le ciel fût couvert et que le firmament ne montrât pas son habituel étincellement d’étoiles. Bien que peu savant en cosmographie, Hector Servadac n’était pas sans connaître les principales constellations. Il aurait donc vu si la polaire était toujours à sa place, ou si, au contraire, quelque autre étoile ne la remplaçait pas, — ce qui eût irréfutablement prouvé que le globe terrestre tournait sur un nouvel axe, et peut-être en sens inverse, ce qui eût déjà donné la raison de bien des choses. Mais aucune trouée ne se fit dans ces nuages qui semblaient être assez denses pour contenir un déluge, et pas une étoile ne s’offrit aux yeux de l’observateur désappointé.

Quant à la lune, il ne fallait pas l’attendre, car elle était précisément nouvelle à cette époque du mois, et, par conséquent, elle avait disparu avec le soleil au-dessous de l’horizon.

Quelle fut donc la surprise du capitaine Servadac, lorsque, après une heure et demie de promenade, il aperçut au-dessus de l’horizon une forte lueur dont les rayons se tamisaient à travers le rideau de nuages.

« La lune ! s’écria-t-il. Mais non, ce ne peut être elle ! Est-ce que, par hasard, la chaste Diane ferait aussi des siennes et se lèverait dans l’ouest ? Non ! ce n’est pas la lune ! Elle ne produirait pas une lumière aussi intense,