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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/42

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seraient restés à m’attendre, et, ne me voyant pas venir, ils n’auraient pas manqué de pousser jusqu’au gourbi.

— Juste, cela, mon capitaine.

— J’en conclus donc qu’ils ne sont pas venus !

— Et que s’ils ne sont pas venus ?…

— C’est que, très-certainement, ils n’ont pas pu venir. Quant au comte Timascheff… »

Au lieu d’achever sa phrase, le capitaine Servadac s’approcha de la lisière rocheuse qui dominait le littoral, et il regarda si la goëlette Dobryna n’était pas en vue à quelques encâblures de la côte. Il pouvait se faire, après tout, que le comte Timascheff vînt par mer au lieu du rendez-vous, ainsi qu’il avait fait la veille.

La mer était déserte, et, pour la première fois, le capitaine Servadac observa que, bien qu’il ne fit aucun vent, elle était extraordinairement agitée, comme eût été de l’eau qui aurait été soumise à une ébullition prolongée sur un feu ardent. Certainement, la goëlette n’aurait pas tenu sans peine contre cette houle anormale.

En outre, et pour la première fois aussi, Hector Servadac remarqua avec stupéfaction combien le rayon de cette circonférence, sur laquelle se confondaient le ciel et l’eau, avait diminué.

En effet, pour un observateur placé sur la crête de cette haute falaise, la ligne d’horizon aurait dû être