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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/41

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— Le soleil au zénith, au mois de janvier, et sur le trente-neuvième degré de latitude nord ? s’écria Hector Servadac.

— Lui-même, mon capitaine, et il marque bien midi, ne vous en déplaise. Paraît qu’il était pressé aujourd’hui, et je parie mon képi contre une soupière de couscoussou, qu’il sera couché avant trois heures d’ici ! »

Hector Servadac, les bras croisés, resta pendant quelques instants immobile. Puis, après avoir fait un tour sur lui-même, ce qui lui avait permis d’examiner les divers points de l’horizon :

« Les lois de la pesanteur modifiées ! murmura-t-il, les points cardinaux changés, la durée du jour réduite de cinquante pour cent !… Voilà qui pourrait bien retarder indéfiniment ma rencontre avec le comte Timascheff ! Il y a quelque chose ! Ce n’est pas ma cervelle, que diable ! ni celle de Ben-Zouf qui ont déménagé ! »

L’indifférent Ben-Zouf, auquel le plus extraordinaire des phénomènes cosmiques n’aurait pas arraché une interjection quelconque, regardait tranquillement l’officier.

« Ben-Zouf ? dit celui-ci.

— Mon capitaine ?

— Tu ne vois personne ?

— Je ne vois personne. Notre Russe est reparti !

— En admettant qu’il fût reparti, mes témoins, eux,