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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/40

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— Oui, mon capitaine, répondit Ben-Zouf, et, avant toute chose, terminons notre affaire avec le comte Timascheff. »

Au delà du fossé, s’étendait une petite prairie d’un demi-hectare, tapissée d’une herbe moelleuse et à laquelle des arbres, plantés depuis une cinquantaine d’années, chênes-verts, palmiers, caroubiers, sycomores, mêlés aux cactus et aux aloës, que dominaient deux ou trois grands eucalyptus, faisaient un cadre charmant.

C’était précisément le champ clos où devait s’effectuer la rencontre des deux adversaires.

Hector Servadac promena un rapide regard sur la prairie. Puis, ne voyant personne :

« Mordioux ! dit-il, nous sommes tout de même les premiers arrivés au rendez vous !

— Ou les derniers ! répliqua Ben-Zouf.

— Comment ? Les derniers ? Mais il n’est pas neuf heures, répliqua le capitaine Servadac en tirant sa montre qu’il avait à peu près réglée sur le soleil avant de quitter le gourbi.

— Mon capitaine, demanda l’ordonnance, voyez-vous cette boule blanchâtre à travers les nuages ?

— Je la vois, répondit le capitaine, en regardant un disque fortement embrumé, qui, en ce moment, apparaissait au zénith.

— Eh bien, reprit Ben-Zouf, cette boule-là, ça ne peut être que le soleil ou son suppléant !