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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/309

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Dans l’unique chambre de la cabane, l’obscurité était complète, le silence absolu.

Ou le dernier habitant de cette chambre l’avait abandonnée, ou il y était, mais mort.

Les volets furent repoussés et le jour se fit.

Dans l’âtre froid de la cheminée, il n’y avait rien, si ce n’est la cendre d’un feu éteint.

Dans un coin, un lit. Sur ce lit, un corps étendu.

Le capitaine Servadac s’approcha, et un cri s’échappa de sa poitrine.

« Mort de froid ! Mort de faim ! »

Le lieutenant Procope se pencha sur le corps de l’infortuné.

« Il vit ! » s’écria-t-il.

Et, ouvrant un flacon que remplissait un énergique cordial, il en introduisit quelques gouttes entre les lèvres du mourant.

Un léger soupir se fit entendre, et il fut presque aussitôt suivi de ces quelques mots, dits d’une voix faible :

« Gallia ?

— Oui !... oui !... Gallia !... répondit le capitaine Servadac, et c’est…

— C’est ma comète, à moi, ma comète ! »

Puis, ce mot prononcé, le moribond retomba dans un profond engourdissement, tandis que le capitaine Servadac se disait :

« Mais je connais ce savant ! Où l’ai-je donc rencontré déjà ? »