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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/296

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En tout cas, le document, apporté par le pigeon, prouvait qu’à la date du 1er avril, soit quinze jours auparavant, il était encore à son poste. Mais, entre cette dépêche et les documents antérieurs, il existait cette différence importante que tout indice de satisfaction y manquait. Plus de « Va bene », d’ « all right », de « nil desperandum ! » En outre, la dépêche, uniquement rédigée en français, contenait un appel suprême, puisque les vivres allaient manquer à Formentera.

Ces observations furent faites en quelques mots par le capitaine Servadac. Puis :

« Mes amis, ajouta-t-il, nous allons immédiatement courir au secours de cet infortuné…

— Ou de ces infortunés, ajouta le comte Timascheff. — Capitaine, je suis prêt à partir avec vous.

— Il est évident, dit alors le lieutenant Procope, que la Dobryna a passé près de Formentera, lorsque nous avons exploré l’emplacement des anciennes Baléares. Si donc nous n’avons eu connaissance d’aucune terre, c’est que, comme à Gibraltar, comme à Ceuta, il ne reste plus qu’un étroit îlot de tout cet archipel.

— Si petit qu’il soit, cet îlot, nous le retrouverons ! répondit le capitaine Servadac. — Lieutenant Procope, quelle distance sépare la Terre-Chaude de Formentera ?

— Cent vingt lieues environ, capitaine. Vous demanderai-je comment vous comptez faire ce trajet ?

— À pied, évidemment, répondit Hector Servadac,