Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/290

Cette page a été validée par deux contributeurs.


à l’extrême satisfaction de Ben-Zouf, et le nouveau satellite sembla décidé à faire régulièrement son service bi-mensuel autour de Gallia.

On se souvient que, par suite de la disparition de toute autre terre cultivée, les oiseaux, emportés dans l’atmosphère gallienne, s’étaient réfugiés à l’île Gourbi. Là, ce sol cultivé avait amplement suffi à leur nourriture pendant les beaux jours, et c’était par milliers que, venus de tous les points de l’astéroïde, on les avait vus s’abattre sur l’île.

Mais, avec l’arrivée des grands froids, les champs n’avaient pas tardé à se revêtir de neige, et la neige, bientôt transformée en glace compacte, ne laissait plus la possibilité aux becs les plus solidement emmanchés de pénétrer jusqu’au sol De là, émigration générale des oiseaux, qui, par instinct, se jetèrent en masse sur la Terre-Chaude.

Ce continent, il est vrai, n’avait aucune nourriture à leur offrir, mais il était habité. Au lieu de fuir la présence de l’homme, les oiseaux s’empressaient alors à la rechercher. Tous les détritus, jetés journellement en dehors des galeries, disparaissaient instantanément, mais il s’en fallait de beaucoup qu’ils suffissent à alimenter ces milliers d’individus de toute espèce. Bientôt même, poussés autant par le froid que par la faim, quelques centaines de volatiles se hasardèrent dans l’étroit tunnel et élirent domicile à l’intérieur de Nina-Ruche.