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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/276

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Vers le sud, au delà des limites de l’horizon, allait se perdre la Terre Chaude. Ce bout de continent semblait former un vaste triangle dont le volcan formait le sommet, sans qu’on pût en apercevoir la base. Vu de cette hauteur, qui aurait dû en niveler toutes les aspérités, le sol de ce territoire inconnu ne paraissait pas être praticable. Ces millions de lamelles hexagonales qui le hérissaient l’eussent rendu absolument impropre à la marche d’un piéton.

« Un ballon ou des ailes ! dit le capitaine Servadac, voilà ce qu’il nous faudrait pour explorer ce nouveau territoire ! Mordioux ! Nous sommes emportés sur un véritable produit chimique, aussi curieux, à coup sûr, que ceux qu’on expose sous la vitrine des Muséums !

— Vous remarquez, capitaine, dit le comte Timascheff, combien la convexité de Gallia s’accuse rapidement à nos regards, et, par conséquent, combien est relativement courte la distance qui nous sépare de l’horizon ?

— Oui, comte Timascheff, répondit Hector Servadac. C’est l’effet, plus agrandi, que j’avais déjà observé du haut des falaises de l’île. Pour un observateur placé à une hauteur de mille mètres sur notre ancienne terre, l’horizon ne se fermerait qu’à une distance plus considérable.

— C’est un bien petit globe que Gallia, si on le compare au sphéroïde terrestre ! répondit le comte Timascheff.