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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/275

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aucunement prêtées aux efforts des ascensionnistes les plus déterminés. En tout cas, cette expédition eût exigé une grande dépense de forces, et son but n’aurait pas été atteint sans peine. Ici, au contraire, grâce à la sérieuse diminution de la pesanteur et à l’accroissement de la puissance musculaire qui en était la conséquence, Hector Servadac et le comte Timascheff accomplirent des prodiges de souplesse et de vigueur. Un chamois n’eût pas été plus agile à s’élancer d’une roche à l’autre, un oiseau n’aurait pas couru plus légèrement sur ces étroites arêtes qui côtoyaient l’abîme. À peine mirent-ils une heure à s’élever des trois mille pieds qui séparaient du sol la cime de la montagne. Lorsqu’ils arrivèrent sur les bords du cratère, ils n’étaient pas plus fatigués que s’ils eussent marché pendant un kilomètre et demi en suivant une ligne horizontale. Décidément, si l’habitabilité de Gallia présentait certains inconvénients, elle offrait aussi quelques avantages.

De la cime du mont, les deux explorateurs, la lunette aux yeux, purent reconnaître que l’aspect de l’astéroïde restait sensiblement le même. Au nord s’étendait l’immense mer Gallienne, unie comme une glace, car il ne faisait pas plus de vent que si les gaz de l’air eussent été solidifiés par les froids de la haute atmosphère. Un petit point, légèrement estompé dans la brume, marquait la place occupée par l’île Gourbi. À l’est et à l’ouest se développait la plaine liquide, déserte comme toujours.