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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/263

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— Je vous répète qu’Alger n’existe plus !

— Par Allah, est-ce possible !

— Pour la dernière fois, voulez-vous nous suivre avec votre tartane à la Terre-Chaude, où nous allons hiverner ?

— Miséricorde ! C’en est fait de mon bien !

— Vous ne le voulez pas ? Eh bien, nous conduirons la Hansa, malgré vous et sans vous, en lieu sûr !

— Malgré moi, monsieur le gouverneur ?

— Oui, car je ne veux pas que, par votre stupide entêtement, toute cette précieuse cargaison soit anéantie sans profit pour personne !

— Mais c’est ma ruine !

— Ce serait bien plus sûrement votre ruine, si nous vous laissions faire ! répondit. Hector Servadac en haussant les épaules. — Et, maintenant, allez au diable ! »

Isac Hakhabut retourna vers sa tartane, levant les bras au ciel et protestant contre l’incroyable rapacité des hommes « de la mauvaise race ».

Le 20 mars, les travaux de l’île Gourbi étaient terminés. Il ne restait plus qu’à partir. Le thermomètre était descendu, en moyenne, à huit degrés au-dessous de zéro. L’eau de la citerne n’offrait plus une seule molécule liquide. Il fut donc convenu que, le lendemain, tous s’embarqueraient sur la Dobryna et quitteraient l’île, pour se réfugier à Nina-Ruche. On convint également d’y conduire la tartane, malgré