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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/245

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Si le capitaine Servadac, le comte Timascheff, le lieutenant Procope eussent été hommes à se décourager, l’occasion était belle ! En effet, qu’auraient-ils pu imaginer, puisque l’étrange dureté des assises du sol s’opposait à ce qu’ils parvinssent à y creuser un silo ?

Cependant, les circonstances devenaient très-pressantes. La dimension apparente du disque solaire se réduisait de plus en plus par l’éloignement. Lorsqu’il passait au zénith, ses rayons perpendiculaires émettaient encore une certaine chaleur ; mais, pendant la nuit, le froid se faisait déjà sentir très-vivement.

Le capitaine Servadac et le comte Timascheff, montés sur Zéphyr et Galette, parcoururent entièrement l’île pour chercher quelque retraite habitable. Les deux chevaux volaient au-dessus des obstacles comme s’ils avaient eu des ailes. Vaine exploration ! En divers points, des sondages furent pratiqués, qui rencontrèrent invariablement la dure charpente à quelques pieds seulement au-dessous de la surface du sol. Il fallut renoncer à se loger sous terre.

Il fut donc décidé que, faute d’un silo, les Galliens habiteraient le poste, et qu’on le défendrait autant qu’il serait possible contre les froids extérieurs. Ordre fut donné d’amasser tout le bois, sec ou vert, que produisait l’île, et d’abattre les arbres dont la plaine était couverte. Il n’y avait pas à hésiter. L’abatage fut commencé sans retard.