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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/241

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que les travailleurs pouvaient développer. Ils étaient faits à ces phénomènes de moindre attraction, comme aussi à cette décompression de l’air, qui avait activé leur respiration, et ils ne s’en apercevaient même plus.

Les Espagnols, aussi bien que les Russes, se mirent donc à la besogne avec ardeur. On commença par approprier aux besoins de la petite colonie le poste, qui, jusqu’à nouvel ordre, devait servir de logement commun. C’est là que vinrent demeurer les Espagnols, les Russes restant sur leur goëlette, et le juif à bord de sa tartane.

Mais, navires ou maisons de pierres ne pouvaient être que des habitations provisoires. Il faudrait, avant que l’hiver arrivât, trouver de plus sûrs abris contre les froids des espaces interplanétaires, abris qui fussent chauds par eux-mêmes, puisque la température n’y saurait être élevée, faute de combustible.

Des silos, sortes d’excavations profondément creusées dans le sol, pouvaient seuls offrir un refuge suffisant aux habitants de l’île Gourbi. Lorsque la surface de Gallia serait couverte d’une épaisse couche de glace, substance qui est mauvaise conductrice de la chaleur, on pouvait espérer que la température intérieure de ces silos se fixerait à un degré supportable. Le capitaine Servadac et ses compagnons mèneraient là une véritable existence de troglodytes, mais ils n’avaient pas le choix du logement.