Ouvrir le menu principal

Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/173

Cette page a été validée par deux contributeurs.


toute lumière ? Enfin, le plan de son orbite coïncidait-il avec celui de l’écliptique, et pouvait-on concevoir quelque espoir qu’une rencontre le réunît un jour au globe dont il s’était si violemment séparé ?

Ce fut le capitaine Servadac qui, le premier, rompit le silence en s’écriant, comme malgré lui :

« Eh bien, non, mordioux ! Votre explication, lieutenant Procope, explique bien des choses, mais elle n’est pas admissible !

— Pourquoi donc, capitaine ? répondit le lieutenant. Elle me paraît répondre, au contraire, à toute objection.

— Non, en vérité, et il en est une, au moins, qui n’est pas détruite par votre hypothèse.

— Et laquelle ? demanda Procope

— Voyons, reprit le capitaine Servadac, comprenons-nous bien. Vous persistez à croire qu’un morceau du globe, devenu maintenant ce nouvel astéroïde qui nous emporte, et comprenant une partie du bassin de la Méditerranée depuis Gibraltar jusqu’à Malte, court à travers le monde solaire ?

— Je persiste à le croire.

— Eh bien, alors, lieutenant, comment expliquez-vous le soulèvement de ce singulier continent qui encadre à présent cette mer, et la contexture spéciale de ses côtes ? Si nous étions emportés sur un morceau du globe, ce morceau eût certainement conservé son ancienne charpente granitique ou calcaire, et il