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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/165

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— Ni moi, dit le major Oliphant.

— Et puisque nous sommes ici sur un terrain neutre…

— Neutre ? s’écria le brigadier Murphy. Vous êtes ici sur le sol anglais, mon-sieur !

— Anglais ?

— Oui, sur un sol que couvre le pavillon britannique ! »

Et le brigadier montrait le pavillon du Royaume-Uni qui flottait au plus haut sommet de l’îlot.

« Bah ! fit ironiquement le capitaine Servadac. Parce qu’il vous a plu de planter ce pavillon depuis la catastrophe…

— Il y était avant.

— Pavillon de protectorat, et non de possession, messieurs !

— De protectorat ? s’écrièrent les deux officiers.

— Messieurs, dit Hector Servadac en frappant du pied, cet îlot est tout ce qui reste maintenant du territoire d’une république représentative, sur lequel l’Angleterre n’a jamais eu qu’un droit de protection !

— Une république ! répliqua le brigadier Murphy, dont les yeux s’ouvrirent démesurément.

— Et encore, continua le capitaine Servadac, était-il singulièrement discutable, ce droit, dix fois perdu, dix fois recouvré, que vous vous êtes arrogé sur les îles Ioniennes !

— Les îles Ioniennes ! s’écria le major Oliphant.