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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/159

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Les deux officiers anglais s’inclinèrent en signe d’approbation et d’un même mouvement de corps.

« Mon compagnon, le capitaine Servadac, reprit le comte, a été lui-même fort éprouvé de ce chef. Il remplissait une mission en sa qualité d’officier d’état-major sur la côte de l’Algérie…

— Une colonie française, je crois ? demanda le major Oliphant en fermant à demi les yeux.

— Tout ce qu’il y a de plus français, répondit d’un ton sec le capitaine Servadac.

— C’était vers l’embouchure du Chéliff, continua flegmatiquement le comte Timascheff. Là, pendant cette nuit funeste, une partie du continent africain s’est subitement transformée en île, et le reste semble avoir complètement disparu de la surface du globe.

— Ah ! fit le brigadier Murphy, qui accueillit la nouvelle par cette seule interjection.

— Mais vous, monsieur le comte, demanda le major Oliphant, puis-je savoir où vous étiez pendant cette nuit funeste ?

— En mer, monsieur, à bord de ma goëlette, et je considère comme un miracle que nous n’ayons pas été perdus, corps et biens.

— Nous ne pouvons que vous en féliciter, monsieur le comte, » répondit le brigadier Murphy.

Le comte Timascheff continua en ces termes :

« Le hasard m’ayant ramené vers la côte algérienne, je fus assez heureux pour retrouver sur la nouvelle île