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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/145

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un instant, et quelques oscillations approbatives de sa tête indiquèrent qu’il trouvait l’observation du caporal fort opportune. Puis, il se retourna vers le major Oliphant, et, après avoir échangé un regard avec son collègue :

« Caporal Pim, dit-il, la solde étant calculée sur l’intervalle de temps qui s’écoule entre deux levers de soleil, quelle que soit la durée de cet intervalle, la solde restera ce qu’elle était autrefois. L’Angleterre, elle aussi, est assez riche pour payer ses soldats ! »

C’était une manière aimable d’indiquer que l’armée et la gloire anglaises se confondaient dans une même pensée.

« Hurrah ! » répondirent les dix hommes, mais sans plus élever la voix que s’ils eussent dit : « Merci ! »

Le caporal Pim se retourna alors vers le major Oliphant.

« Que le caporal produise sa seconde réclamation, dit le major en regardant son subordonné.

— C’est par rapport à la nourriture, Votre Honneur, dit le caporal Pim. Maintenant que les journées ne durent plus que six heures, est-ce que nous n’aurons plus droit qu’à deux repas au lieu de quatre ? »

Le major réfléchit un instant et fit au brigadier Murphy un signe approbateur, indiquant qu’il trouvait le caporal Pim un homme véritablement plein de sens et de logique.

« Caporal, dit-il, les phénomènes physiques ne peu-