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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/121

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Soudain, pendant qu’il était tourné vers l’horizon méridional par l’avant de la goëlette, son œil ressentit une sorte d’impression lumineuse. Il crut d’abord avoir été troublé par quelque illusion d’optique, et il regarda avec plus d’attention.

Une lointaine lumière lui apparut réellement alors, et un des matelots qu’il appela la vit distinctement.

Le comte Timascheff et le lieutenant Procope furent aussitôt prévenus de cet incident.

« Est-ce une terre ?... demanda le capitaine Servadac.

— N’est-ce pas plutôt un navire avec ses feux de position ? répondit le comte Timascheff.

— Avant une heure, nous saurons à quoi nous en tenir ! s’écria le capitaine Servadac.

— Capitaine, nous ne le saurons pas avant demain, répondit le lieutenant Procope.

— Tu ne mets donc pas le cap sur ce feu ? lui demanda le comte Timascheff, assez surpris.

— Non, père. Je désire rester en panne sous petite voilure, et attendre le jour. S’il existe là quelque côte, je craindrais de m’aventurer pendant la nuit sur des atterrages inconnus. »

Le comte fit un signe approbatif, et la Dobryna, orientant ses voiles de manière à ne faire que peu de route, laissa la nuit envahir toute la mer.

Une nuit de six heures n’est pas longue, et celle-ci, cependant, parut durer tout un siècle. Le capitaine