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Page:Verne - Hector Servadac, Tome 1.pdf/103

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lots Niegoch, Tolstoy, Etkef, Panofka, du cuisinier Mochel, tous fils de tenanciers du comte Timascheff, qui continuait sur mer les traditions des grandes familles russes. Ces marins ne s’inquiétaient pas autrement du trouble apporté à l’ordre physique, du moment que leur ancien maître partageait leur destinée. Quant au lieutenant Procope, il était fort inquiet et savait bien qu’au fond le comte Timascheff éprouvait la même inquiétude.

La Dobryna courait donc dans l’est, mue par ses voiles et sa vapeur, car le vent était favorable, et elle aurait certainement marché avec une vitesse de onze nœuds à l’heure, si les hautes lames n’eussent à chaque moment «  cassé  » cette vitesse.

En effet, bien que le vent, qui soufflait de l’ouest, — maintenant le nouvel est, — ne fût qu’à l’état de belle brise, la mer était, sinon très-forte, du moins soumise à des dénivellations considérables. Et cela se comprenait. Les molécules liquides, moins pesantes, grâce à la moindre attraction de la masse terrestre, s’élevaient, par un simple effet d’oscillation, à des hauteurs énormes. De son temps, Arago, qui ramenait au chiffre maximum de sept à huit mètres l’élévation possible des plus hautes lames, eût été singulièrement surpris en les voyant portées jusqu’à cinquante et soixante pieds. Et ce n’étaient point de ces lames déferlants qui rebondissent après s’être entrechoquées, mais de longues ondulations, et elles imprimaient par-