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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/397

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césar cascabel.


— Patience… patience ! répondit Ortik. Puisque le comte Narkine a l’intention de revenir à Perm, afin d’y revoir son père, mieux vaut le laisser arriver à Perm. Une fois là, il recevra un mot qui le priera — affaire très pressante — de se rendre à une entrevue, où vous aurez le plaisir de faire sa connaissance.

— Ainsi, rien à tenter maintenant ?…

— Rien, dit Ortik, mais faites en sorte de nous précéder, sans vous laisser voir, et de manière à être un peu avant nous au rendez-vous de Perm.

— C’est convenu ! » répondit Rostof.

Et ces malfaiteurs se séparèrent, n’ayant aucun soupçon que leur conversation eût été surprise par Kayette.

Ortik et Kirschef rentrèrent au campement, quelques instants après elle, persuadés que personne ne s’était aperçu de leur absence.

Maintenant Kayette connaissait le plan de ces misérables. En même temps, elle venait d’apprendre que M. Serge était le comte Narkine, dont la vie était menacée comme celle de ses compagnons ! L’incognito qui le couvrait allait être dévoilé, s’il ne consentait à livrer une partie de sa fortune !

Kayette, terrifiée de ce qu’elle venait d’entendre, fut quelques instants à se remettre. Résolue à déjouer les manœuvres d’Ortik, elle chercha comment elle pourrait y parvenir. Quelle nuit elle passa, en proie aux plus vives inquiétudes, se demandant si ce n’était point un mauvais rêve qu’elle avait fait !…

Non ! c’était bien une réalité.

Et elle n’en put douter, quand, le lendemain matin, Ortik dit à M. Cascabel :

« Vous savez que Kirschef et moi, nous avions l’intention de vous quitter de l’autre côté de l’Oural, afin de nous rendre à Riga. Mais nous avons réfléchi que mieux valait vous suivre jusqu’à Perm, où nous prierons le gouverneur de prendre des mesures pour notre rapatriement… Voulez-vous nous permettre de continuer le voyage avec vous ?…