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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/315

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césar cascabel.


— Parce que je désirerais savoir si vous songez à reprendre votre premier itinéraire, en admettant que ces maudit indigènes vous rendent la liberté…

— Non point, répliqua M. Serge, car ce serait allonger inutilement une route déjà longue. Il serait préférable, suivant moi, de prendre direction sur la frontière russe, afin de gagner l’une des passes de l’Oural…

— Dans le nord de la chaîne, alors ?…

— Sans doute, puisque ce serait le chemin le plus court que nous suivrions à travers la steppe.

— Et votre voiture, monsieur Serge ? reprit Ortik. Est-ce que vous la laisseriez ici ?… »

M. Cascabel avait évidemment compris la question, car il se hâta de répondre :

« Laisser la Belle-Roulotte ! … Non, certes, si je puis me procurer un attelage, et avant peu… j’espère bien…

— Avez-vous une idée ?… demanda M. Serge.

— Pas l’ombre ; mais Cornélia ne cesse de me répéter qu’il m’en viendra une, et Cornélia ne s’est jamais trompée ! Voilà une femme supérieure, et qui me connaît bien, monsieur Serge ! »

Toujours le même, cet étonnant César Cascabel, toujours confiant dans son étoile, et ne pouvant s’imaginer que quatre Français et trois Russes ne viendraient pas à bout d’un Tchou-Tchouk !

M. Serge avait fait connaître à Ortik l’opinion de M. Cascabel sur la question de la Belle-Roulotte.

« Cependant, pour emmener votre voiture, reprit le matelot russe, qui tenait, paraît-il, à insister sur ce point, il vous faudra un attelage de rennes…

— Comme vous dites.

— Et vous pensez que Tchou-Tchouk vous le fournira ?…

— Je pense que M. Cascabel trouvera le moyen de l’y obliger.

— Et alors vous essayerez de rejoindre la côte sibérienne en traversant l’icefield ?…