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Page:Verne - César Cascabel, 1890.djvu/271

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césar cascabel.

les conséquences de ces funestes décisions ! En vain répétaient-ils que ce projet de voyage avait eu l’assentiment de toute la famille ! En vain M. Serge, en vain la « petite caille » cherchaient-ils à consoler l’inconsolable César !… Il se refusait à rien entendre.

« Tu n’es donc plus un homme ?… lui dit un jour Cornélia, en le secouant d’importance.

— Pas tant que toi, en tout cas ! » répondit-il, tandis qu’il reprenait son équilibre, quelque peu compromis par cette admonestation conjugale.

Au fond, Mme Cascabel était pleine d’inquiétude pour l’avenir ; mais elle sentait la nécessité de réagir contre l’abattement de son mari, si résistant jadis aux coups de la mauvaise fortune.

Cependant la question de nourriture commençait à préoccuper M. Serge. Tout d’abord il importait que l’alimentation fût assurée jusqu’au jour où il serait possible de faire route à travers l’ice-field, puis aussi jusqu’au jour où la Belle-Roulotte aurait atteint la côte sibérienne. Inutile de compter sur la chasse, à une époque où les bandes d’oiseaux de mer ne passeraient plus que rarement au milieu des brumes. La prudence, par suite, conseillait de se rationner, en prévision d’un trajet dont la durée pouvait être longue.

Ce fut dans ces conditions que le glaçon, irrésistiblement entraîné par les courants, arriva à la hauteur des îles d’Anjou, situées au nord du littoral asiatique.



IV

du 16 novembre au 2 décembre


C’était en s’en rapportant à l’estime que M. Serge croyait être à la hauteur de ce groupe d’îles. Autant que possible, dans chacune