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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/95

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propos échangés dans cette foule, et, bien qu’il y eût là toute la population flottante d’une ville maritime, ces propos étaient des plus désobligeants pour des malfaiteurs si dignes d’être pendus. Mais ils ne se souciaient guère de l’opinion publique, on ne s’en étonnera point. Ils ne songeaient qu’à éviter la rencontre des constables, sans trop avoir l’air de gens qui s’enfuient, puis à gagner le lieu du rendez-vous.

En sortant de la taverne, Harry Markel et Corty avaient marché isolément à travers le quartier, étant sûrs d’atteindre le quai en continuant de suivre la rue. Arrivés à son extrémité, ils se rejoignirent et coupèrent vers l’appontement.

Ce quai était à peu près désert, vaguement éclairé de quelques becs de gaz. Aucune chaloupe de pêche ne rentrait ni ne rentrerait avant deux ou trois heures. Le flot ne commençait point à se faire sentir. Le canot ne risquait donc pas d’être rencontré lorsqu’il traverserait la baie de Cork.

« Par ici, dit Corty, en montrant la gauche, du côté où brillaient un feu de port, et, plus loin, sur une hauteur, le phare qui marquait l’entrée de Queenstown.