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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/306

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d’inoubliables souvenirs, après avoir respiré un peu de l’air natal.

Au dessert, Louis Clodion, se levant, lut un compliment très agréablement tourné à M. Anselme Guillon et aux notables de la colonie pour leur sympathique accueil, et il unit la France, l’Angleterre, le Danemark, la Hollande, la Suède, représentés à cette table, dans un même concert de fraternité.

Puis ce fut le tour de M. Horatio Patterson, qui ne laissait pas d’avoir fait raison plus que d’habitude aux nombreux, aux trop nombreux toasts portés après chaque service. Le mentor se redressa donc, le verre à la main, et prit la parole.

Tout ce que l’on peut introduire de citations latines au milieu de phrases bien senties, s’exhala de la bouche de l’orateur. Il parla des souvenirs que lui laisserait cette fête épulatoire, plus durable que le bronze, ære perennius avec Horace, de la fortune qui favorisait les audacieux, audentes fortuna juvat avec Virgile. Il était heureux d’énoncer ses compliments en public, coram populo. Cependant, il ne pouvait oublier sa patrie dont tout un océan le séparait alors, et dulces reminiscetur Argos, mais il n’oublierait pas davantage les satisfactions