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Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/298

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Il est vrai, un certain nombre de ces marais exigent un entretien continu. L’évaporation est telle qu’ils seraient rapidement à sec. Aussi, — et entre autres pour la saline de Philsburg, — est-il nécessaire de couper quelquefois la langue de terre qui la limite du côté du littoral, et d’y introduire, dans une forte mesure, les eaux de la mer.

Albertus Leuwen n’avait aucun membre de sa famille à Saint-Martin. Tous habitaient Rotterdam en Hollande depuis une quinzaine d’années. Lui-même avait quitté Philsburg si jeune pour venir en Europe, qu’il ne conservait aucun souvenir de l’île. De tous ces lauréats antilians, il n’était que Hubert Perkins dont les parents fussent restés dans la colonie anglaise d’Antigoa. Ce ne serait donc pour Albertus Leuwen qu’une occasion de remettre le pied, et la dernière fois sans doute, sur le sol natal.

Si Saint-Martin se partage entre la France et la Hollande, il ne faudrait pas croire que l’élément britannique n’y fût pas représenté. Sur une population de sept mille âmes environ, on compte trois mille cinq cents Français ; mais les Anglais sont au nombre de trois mille quatre cents, ce qui établit à peu près l’égalité numérique.